Crédit photo © Hélène Gadoury

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Crédit photo © Hélène Gadoury

Je n’avais pas envie d’écrire sur cette année passée. Y revenir. M’y attarder. Je n’avais pas envie de regarder derrière. Quelque chose me gardait dans le présent. Et je trouvais tellement d’apaisement à m’y réfugier. Après l’incroyable tempête qu’a été ce cycle qui se termine. Une tempête qui nettoie, qui remet à sa place, qui renforce. Mais qui détruit aussi tout sur son passage et qui laisse un grand vide. Je me sens comme cette branche que les vagues ont ramené sur la rive. Le soleil s’est levé. Le calme a remplacé le mouvement. Je ne sais pas où je suis. Mais je remercie d’être en vie.

Et puis ce matin, j’ai eu envie d’honorer. Tous les pas que j’ai fait. Les larmes qui ruissellent sur mes joues tant je suis reconnaissante. Les transformations qui m’ont traversée. Les guérisons qui se sont installées. Le courage que j’ai eu encore une fois de bercer mes blessures, d’accepter mes ombres, d’écouter mes cicatrices et d’entendre à cet endroit-là un besoin si fort de m’aimer.

Je suis partie au Mexique deux fois où j’ai reçu les enseignements les plus beaux et les plus purs qu’il m’ait été donné de recevoir. J’ai eu le sentiment de retrouver mes terres. D’arriver à un endroit que j’avais toujours cherché. De recevoir ce qui dormait en moi depuis longtemps. De rallumer une étincelle qui me montrerait désormais où aller et comment marcher.

Je suis entrée dans une connexion profonde avec la Terre. J’ai entendu la voix de la forêt demander de l’aide, demander que je l’écoute.
Je me suis assise près de la lagune et un matin j’ai entendu l’eau murmurer. Pas dans un rêve. Elle me parlait. Avec des mots. Avec une voix. C’était réel.
Je me suis rapprochée du feu et j’ai compris combien je devais en faire mon allié. Combien à ses côtés je serai toujours protégée.

J’ai traversé une nuit noire dans ma relation. Le désespoir d’aimer si fort une personne mais d’être incapable de vivre à ses côtés. Cela a été la chose la plus difficile de cette année. La plus déchirante. Tous les traumatismes enfouis, les blessures cachées m’ont frappée en plein cœur. J’ai cru devenir folle, devoir prendre la fuite, ne plus me reconnaître. Et puis nous avons accepté de nous faire aider.
De poser nos armes à terre. De reconnaître de ne pas y arriver. De ramasser les morceaux de ce qui avait été déchiré pour en faire quelque chose. Nous avons travaillé dur et nous travaillons encore à reconstruire le respect que nous avions perdu. Pour grandir dans la douceur et dans l’amour. Et apprendre à devenir cette famille que nous sommes l’un pour l’autre.

J’ai découvert que j’avais une voix. Et que je pouvais l’exprimer. Qu’en chantant c’était mon âme que je rencontrais. Mes ancêtres que j’entendais. Le divin qui s’exprimait à travers moi. Que c’était à la Terre que je donnais une voix. Et que lorsque les femmes chantent ensemble, libèrent leur voix depuis leur ventre, c’est tout leur monde qui se transforme.

J’ai fait des recherches sur mon passé, sur les femmes de mon histoire. J’ai déraciné les mémoires, les souffrances que je portais de mes ancêtres sans le savoir. J’ai ramené la lumière de la reconnaissance, de l’acceptation et du pardon là où il en a manqué. J’ai libéré, je l’espère, ma lignée. Pour que les femmes de notre génération et les femmes à venir puissent enfanter. Dans l’amour.

Mon cœur de maman s’est ouvert inespérément à 37 ans alors que j’avais toujours cru ne pas être capable, ne pas être assez, ne pas mériter. Et depuis, à défaut de sentir la vie se déployer dans mon ventre, ce désir grandit.

J’ai réouvert pour la première fois véritablement mon cœur à ma mère. J’ai compris que tant que je ne saurai pas l’aimer elle inconditionnellement, je ne serai capable d’aimer personne, y compris moi-même.

J’ai accepté d’être rebaptisée. De recevoir un nom que les esprits m’avaient donné il y a quelques temps. Un nom que je n’avais pas compris tout de suite, que je n’avais pas aimé, que j’avais oublié. Et qui est revenu cette année comme un flèche, depuis les ténèbres, pour me montrer le chemin de la lumière.

J’ai rencontré près de 120 femmes dans des espaces dont la puissance et la beauté me dépassent. J’ai compris que j’avais vraiment quelque chose à partager. Que ces rencontres que j’offrais laissaient une trace indélébile. Après toutes ces années à chercher ma place, à me sentir égarée dans un monde trop grand, je réalisais pour la première fois que j’étais arrivée là où je devais être. J’ai senti ma posture changer peu à peu, se renforcer, s’aligner à chacune de ces rencontres. J’ai pris un peu plus confiance en moi. J’ai lâché ce besoin d’être aimée par l’autre, cette peur de décevoir ou de ne pas être assez. Cette quête insatiable d’approbation et de reconnaissance. Pour accueillir la foi plus forte que tout qu’il y a quelque chose de plus grand que moi qui est là et qui œuvre à ma place. Duquel je ne suis qu’un canal, qu’un instrument.

J’ai vécu tout cela et d’autres choses encore. Mais je crois que le plus grand enseignement de cette année fut d’accepter de ne rien pouvoir contrôler. De ne pas pouvoir tout de suite changer certaines choses. De ne pas essayer d’être toujours dans la lumière, toujours dans l’amour, toujours dans la paix. Mais d’accueillir les passages dans l’ombre comme des opportunités merveilleuses d’apprendre à me connaître et à me guérir. Parce que lorsque je m’assois avec ma souffrance, plutôt que d’essayer de lui échapper ou de la changer en autre chose, lorsque je l’écoute vraiment, que je rentre à l’intérieur et que je respire dedans, tout s’apaise. Et ce que je découvre derrière n’est rien d’autre que l’amour.

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